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Exemple de projet Musique et peinture


Première intervention : Evolution de la représentation des musiciens à travers les âges

Deuxième intervention : Du son au signe et du signe au son
Troisième intervention : La couleur

Quatrième intervention : Evolution de la représentation des musiciens à travers les âges
Cinquième intervention : Le concert

Première intervention : Evolution de la représentation des musiciens à travers les âges

Présentation de 5 reproductions :
J'ai fait réaliser des reproductions de grande dimension à partir de photos issues de différents ouvrages (photocopies laser puis agrandissement grand format chez un professionnel).

1. Art des cyclades. Harpiste - IIIème millénaire av. J.-C. Metropolitan Museum of Art, New York.
2. Art grec - époque archaïque. peintre d'Hésiode. Muse accordant deux cithares- Vème siècle av. J.-C. Musée du Louvre.
3. Art gréco-romain de Campanie. Dioscouridès de Samos. Les musiciens ambulants - provenant de Pompéi, Villa de Cicéron. Seconde moitié IIème siècle.
4. La Bible de Charles le Chauve. Le roi David jouant du psaltérion, folio 215 verso. IXème siècle.
5. Orazio Gentileschi (1563-1647) La joueuse de luth. Vers 1626. Huile sur toile, 144x130cm. Vaduz, collection Prince de Lichtenstein.


1.


Art des cyclades. Harpiste - IIIème millénaire av. J.-C. Metropolitan Museum of Art, New York.

Analyse :
Statue, homme, position assise sur une chaise, harpe en forme de serpent qui se mord la queue, pourquoi absence de cordes? Statuette en marbre.
Organologie de la harpe

C'est une des plus vieilles représentations de musicien.

2.


Art grec - époque archaïque. peintre d'Hésiode. Muse accordant deux cithares- Vème siècle av. J.-C. Musée du Louvre.

Plat en terre cuite
Vue la position de présentation, les enfants y voient plutôt un globe. Leur préciser que c'est un objet dont il se servent tous les jours.
Autres renseignements sur : http://www.cithare.net/

3.



Art gréco-romain de Campanie. Dioscouridès de Samos. Les musiciens ambulants - provenant de Pompéi, Villa de Cicéron. Seconde moitié IIème siècle.

Reproduction de la totalité de cette mosaïque :
http://www.educnet.education.fr/musagora/manuel/musees/naples/fichesnaples/musiciens.htm

Analyse :
Les enfants décrivent ce qu'ils voient :
A gauche un enfant qui porte une tunique, regarde les autres danser. Puis une femme joue de la double flûte : les grecs jouaient en effet de la double flûte, qui comportait un bec en roseau et produisait un son proche de celui du hautbois moderne. Elle porte une longue tunique ainsi qu'un manteau, un masque sur le visage, elle est bien coiffée, elle a les cheveux lisses et propres. A côté un homme joue des percussions : cymbales en bronze ( qui portent le nom de leur propriétaire ). Il a dans les cheveux une couronne faite d'un linge tressé qui alterne des couleurs claires et foncées, avec quelques fleurs. Il porte une tunique, un manteau noué autour des reins et des chaussures assez bizarres. Sur la droite un homme vêtu de la même manière joue du tambourin : il sourit et danse comme son voisin. Cette scène est inspirée non pas de la vie quotidienne mais de la comédie grecque. Ce sont des musiciens ambulants.

Présenter les différents instruments.

Les enfants cherchent quel est la nature du support : La mosaïque

Historique du mot : mosaïque
Ier siècle av JC, Italie : Le terme mosaïque provient d'une transformation phonétique de opus musivum, type de revêtement appliqué à la décoration des parois et des voûtes des grottes ou des fontaines dédiées aux muses (Les Musea).
Moyen-Age : Par une transformation du suffixe, passage au latin médiéval à mosaicum, puis la langue française emprunte le mot à l'italien mosaico qui dérive directement de mosaicum.
1526 : Introduction du terme mosaïque par Geoffroy Tory, écrivain imprimeur, inventeur de la cédille, des accents et de l'apostrophe.
1837 : Apport du mot mosaïste par George Sand.
De nos jours : Le terme "mosaïque" a été étendu à la technique toute entière ; jusqu'alors, il était réservé à la mosaïque murale.

4.
(Reproduction bientôt disponible)
La Bible de Charles le Chauve. Le roi David jouant du psaltérion, folio 215 verso. IXème siècle.

Support papier.

Ce superbe manuscrit fait partie des grandes Bibles produites dans la première moitié du IXe siècle par le scriptorium de Saint-Martin de Tours. Ce centre intellectuel de haut niveau avait été dirigé du temps de Charlemagne par le religieux érudit Alcuin (735-804), dit Albinus Flaccus, et s’était spécialisé dans l’édition de Bibles complètes appelées " pandectes ", écrites en belle minuscule caroline. Une dédicace placée à la fin du volume nous apprend que cette Bible fut remise au roi Charles le Chauve (823-877) par Vivien, abbé de Saint-Martin de 843 à 851. C’est précisément l’image qui est représentée au f. 423, où, à gauche, trois moines présentent au roi Charles le Chauve cette Bible que par respect pour le texte sacré, ils tiennent dans un linge. L’ouvrage rappelle également que la Bible a été traduite du grec par saint Jérôme, que l’on voit (f. 3v) quitter Rome pour Jérusalem, travailler avec ses scribes, distribuer ses exemplaires de la traduction. L’ouvrage s’achève sur la table des Canons d’Eusèbe --- concordance des Évangiles --- (f. 327v), décorée d’or, d’argent et de pourpre. Dans l’encadrement de cette table, l’on remarque une rarissime représentation d’un éléphant, portrait, dit-on, d’Abulabaz, l’éléphant que le calife Haroun-al-Rachid avait offert à Charlemagne.
Autres photos et renseignements : http://gallica.bnf.fr/anthologie/notices/00197.htm

David joue du psaltérion accompagné de ses musiciens, Bible de Charles le Chauve, IXe siècle, Paris BNF, ms latin 001, fol. 215 v. Cl. BNF David et Goliath, XIIIe siècle, Paris, bibl. Mazarine, ms 0036, fol. 214. Cl. bibl. Mazarine. Ces deux enluminures illustrent deux facettes de la figure du roi David : l’auteur de la plus grande partie des Psaumes, et le vainqueur du géant Goliath. La Bible de Charles le Chauve est l’un des beaux produits de cette Renaissance carolingienne amorcée par Charlemagne. La culture classique et biblique procure des références historiques autant qu’allégoriques. Il s’agit d’illustrer les quatre vertus cardinales par la figure du roi David, jouant du psaltérion entouré de guerriers et de musiciens

Psaltérion : l'un des instruments du Roi David (auteur des psaumes d'où le nom de cet instrument). Prend différentes formes selon les régions et les époques; appelé tympanon lorsque ses cordes sont frappées, c'est l'ancêtre du piano et du clavecin; instrument encore très à la mode en Europe au 17ème siècle. On le retrouve de nos jours sous divers noms et différentes tailles en Suisse, en Autriche, en Europe de l'est, en Afrique du nord, en Grèce, en Asie... Le psaltérion est en fait une forme particulière de la cithare.
L'origine du nom est islamique, de l'arabe "QÂNÛN" . Il est d'abord connu sous le nom de "CANON". On trouve déjà une description de cet instrument au 5ème siècle (dont il nous reste une trace écrite au 10ème siècle) dans un traité de Boèce : "De Musica". Il porte le nom de NABULON ou DECACORDUM. Vers la fin du Moyen-âge, le nom de PSALTERION (du grec "psallo" pincer une corde) apparaît. Une des plus anciennes représentations se trouve à St. Jacques de Compostelle (1184). Les premiers instruments ont la forme d'un trapèze, puis apparaîssent des instruments dont les côtés sont incurvés ; on les appelle alors à "tête de porc". On les jouait avec deux mains comme on peut le voir sur certaines représentations de l'époque. Cet instrument possède, comme l'épinette, des chevalets reposant sur la table d'harmonie sur lesquels sont tendues des cordes. Il est souvent monté avec des cordes doubles pour chaque note, accordées diatoniquement. Chaque couple de cordes (en métal ou en boyau ) ne peut produire qu'une seule note. Lorsqu'il a des cordes fines, c'est un instrument à "cordes pincées", soit joué avec un plectre, soit avec les doigts. Lorsque les cordes sont plus grosses, l'instrument est "frappé". Ce sera alors le TYMPANON. Vers le milieu du 12ème siècle apparaît une variante qui aura la forme d'un demi psaltérion. On l'appellera "MICANON", en référence à l'ancien "CANON".
http://www.instrumentsmedievaux.org/pages/Psalt13.htm

Cithare et arts plastiques : http://www.cithare.net/fr_rub4_5.html

5.


Orazio Gentileschi (1563-1647) La joueuse de luth. Vers 1626. Huile sur toile, 144x130cm. Vaduz, collection Prince de Lichtenstein.

O. Gentileschi (Pise 1563 - Londres 1637) Elève de Lomi, il se forma dans le milieu du maniérisme tardif toscan. Arrivé à Rome vers 1576, lié au Caravage, il peignit quelques tableaux et des fresques au Palais du Quirinal, puis s'éloigna de Rome à la suite du scandale provoqué par le procès qu'il intenta au peintre Tassi qui avait violé sa fille Artémisia. Après une étape en Toscane, puis à Gênes (Danaé, Musée de Cleveland), il se fixa en Angleterre jusqu'à sa mort. Il resta toujours influencé par sa Toscane natale dont il aimait la rigueur et la mesure, gardant le goût des couleurs froides à l'ordonnancement parfaitement orchestré.

Analyse du tableau

Enumérer les divers instruments
Présentation du luth : http://www.sf-luth.org/index.php?Le_Luth/Histoire_du_luth
Extraits audio de luth : http://www.la-nef.com/html/6extras/mp3.html

En conclusion :

Parler de la variété des supports : marbre, terre cuite, mosaïque, papier, toile.
L'enseignant peut, en complément de l'intervention musicale, étudier en classe les supports de l'écrit à travers les âges en s'inspirant de l'exposé de la BNF : http://classes.bnf.fr/dossisup/index.htm

Les enfants doivent découvrir qu'il y a des points communs entre toutes ces reproductions : musiciens, intruments de musique. En préparation du prochain cours sur l'écriture musicale, on peut leur faire remarquer une différence notable, la présence d'une partition seulement sur la dernièrereproduction présentée. A leur avis, pourquoi n'y avait-il pas de partitions représentées sur les autres reproductions?

Deuxième intervention : Du son au signe et du signe au son

Cela donne du sens de juxtaposer la présentation de l'évolution de l'écriture musicale à l'évolution de l'écriture en général.

La lettre et le signe


Les lettres ont d'abord été des images. Les deux premières lettres de notre alphabet, qui lui donnent son nom, étaient à l'origine, respectivement, une tête de taureau, et une maison. A toutes les époques, s'exprime le souci, derrière les signes abstraits de notre alphabet, de retrouver une dimension figurative. Peintres, calligraphes, graphistes ou publicitaires, illustrateurs de livres pour enfants, écrivains et poètes, réintroduisent dans la lettre les images perdues. Dossier de la BNF.

Rappel de l'origine figurative de notre alphabet à travers l'histoire de l'aleph

La lettre est partout, dans la ville et dans la maison. Apprenons à la repérer

Histoire de l'écriture musicale

Un livre très bien réalisé pouvant vous donner des idées de prolongements de votre intervention : Graphismes Nicolas Piroux Editions Dessain et Tolra 2005
Ce livre est destiné à tous ceux qui ont envie de partir à la découverte du rôle des signes grâce à 25 exercices simples et ludiques.
Et ce lien : http://expositions.bnf.fr/graphis/index.htm

En conclusion :

Montrer que l'écriture musicale a subi des transformations au cours des âges. Cette transformation n'avait quelquefois rien a voir avec des soucis musicologiques.
Passage des neumes à l'écriture carrée : passage du roseau taillé à la plume d'oie donc changement d'outil.
Passage de l'écriture carrée à l'écriture en losange : passage du parchemin au papier donc changement de support.
Passage de l'écriture en losange à l'écriture ronde ; passage de la plume à l'imprimerie donc changement d'outil.

En complément les enfants peuvent étudier les différents supports de l'écrit à partir de cette présentation de la BNF : http://classes.bnf.fr/dossisup/index.htm

Troisième intervention : La couleur(En cours de réalisation)

Présenter juste la croix dans un carré et demander aux enfants ce que cela peut signifier (Lien avec le cours sur le signe)
On peut alors voir des différences d'interprétation et des propositions différentes selon la nature des couleurs :
Exemple du drapeau de la croix rouge, d'une pharmacie et du drapeau de la Suisse.

Grâce à cet exemple les enfants peuvent comprendre l'importance de la forme mais aussi de la couleur.
Dans la langue française, on utilise de même de nombreuses expressions avec des noms de couleurs.
Les enfants doivent trouver dans la langue française des expressions avec des noms de couleurs
Ils pourront en illustrer quelques unes par le dessin en complément de l'intervention.

Apprentissage de la chanson de Pierre Perret "Une chanson de toutes les couleurs"
Dans cette chanson, on retrouve aussi quelques expressions avec des noms de couleurs.

Instruments de musique et couleurs
On peut aussi parler des tentatives d'allier musique et couleurs au travers des instruments de musique.

Pour aller plus loin

HISTOIRE ET SYMBOLISME DES COULEURS J. Peyresblanques Collège des ophtalmologistes des Hôpitaux de France


Et pour illustrer votre propos :

LE PIANO DES COULEURS de Laure Massin

Date de publication : 21/10/2004 Editeur : Gallimard Jeunesse
Pages : 32 - Prix du livre : environ 12 Euros

RÉSUMÉ DU LIVRE
Pour encourager ses dons, le père d'un petit garçon lui construit un instrument capable de composer des tableaux avec les airs des plus grands musiciens.

Et pour aller encore plus loin :
Il est possible pour les bricoleurs de fabriquer des circuits composés de LED de couleurs réagissant au bruit
Circuit de couleurs simple
Circuits de couleurs


Quatrième intervention : Evolution de la représentation des musiciens à travers les âges(En cours de réalisation)

Présentation de 5 reproductions
Ecoute d'oeuvres correspondant aux différentes périodes de création
Les enfants comprennent ainsi que le language pictural tout comme le language musical change selon les époques.

Cinquième intervention : "Le concert" Lorenzo Costa (1495/96 Ferrara - 1535 Mantoue)(En cours de réalisation)


Première analyse d'un tableau
Prolongement de cette analyse au niveau musical
Développement à partir de "Le concert" de Lorenzo Costa.
 
©Yann Bonnec™